6 critères pour identifier un vêtement durable
Par Elodie, le 29/12/2025
Partager cet article :

Quand on recherche de nouvelles pièces pour renouveler sa garde-robe, on aimerait parfois trouver des vêtements intemporels, de belle qualité et que l’on pourra porter de nombreuses années. Alors bien sûr, on se tourne d’abord vers des marques reconnues, avec des prix parfois plus élevés…
Et là c’est la déception : le jean acheté 100€ ne tient parfois même pas aussi longtemps qu’un autre pantalon trouvé à 15€ dans un magasin de fast-fashion.
Alors si on ne peut pas se fier au prix, que regarder pour identifier un vêtement de bonne qualité ? Et comment faire la différence entre 2 vêtements qui semblent à première vue similaires ? C’est ce que nous allons voir ensemble dans cet article.
Attention, la liste de critères ci-dessous n’a pour but que de déterminer la durabilité potentielle d’un vêtement. D’autres critères peuvent bien sûr entrer en ligne de compte comme l’adéquation avec son style personnel, le respect de critères écologiques ou bien encore l’attachement à une marque ou à ses valeurs. De plus certains des éléments présentés ici peuvent être subjectifs. Mais cela donne une bonne base de réflexion pour acheter en toute connaissance de cause.
Enfin veuillez noter que l’on entend ici par qualité la capacité d’un vêtement à résister à l’usure du temps, en dépit d’un usage quotidien ou quasi quotidien. On pense surtout aux basiques de notre garde-robe, ceux qu’on aimerait toujours porter dans 10 ans sans avoir à les laisser bien au fond du placard.
Ceci étant posé, voici les critères :
Critère n°1 : le tissu

La composition
On lit partout de privilégier les matières naturelles (coton, laine, lin…), souvent pour des raisons écologiques. Mais ce n’est pas leur seul avantage !
En effet les matières synthétiques ou artificielles ont certains défauts qui peuvent compromettre leur capacité à durer dans le temps :
- la viscose, autrefois appelée soie artificielle
Ce tissu est souvent utilisé pour réaliser des tenues estivales, car il est fluide et léger. Mais il est malheureusement très fragile et ne supporte pas le frottement. Il sera donc très vite troué.
Attention on le voit parfois vendu comme « 100% soie ». En réalité le fabricant joue sur l’ambiguïté entre soie (tissu d’origine animale produit par les vers à soie) et soieries (regroupant tous types de tissus synthétiques imitant la soie). Vous pouvez cependant les différencier facilement : la viscose est très froissable, contrairement à la vraie soie qui froisse très peu.
- le polyester, produit à partir de pétrole
Le polyester est beaucoup plus solide que la viscose mais il a un inconvénient majeur. Il ne respire pas du tout et crée un effet d’étuve, qui fait transpirer. Combiné au fait qu’il retient énormément les odeurs, on peut vite se retrouver en fin de journée avec un vêtement qui pue !
Si cette odeur part avec les premiers lavages, il arrive très vite un moment où cela ne suffit plus. D’où le fait qu’on ne puisse pas le garder trop longtemps, surtout pour un vêtement d’été.
- l’acrylique, pour remplacer la laine dans les pulls
Si votre pull peut passer en machine sans passer par le mode laine, il est très certainement en acrylique. Son prix bas et son entretien facile en font en effet un matériau très apprécié pour remplacer la laine.
Malheureusement il est aussi beaucoup plus fragile et bouloche très rapidement. A éviter donc pour un pull que l’on veut garder longtemps !
Le tissage
Une fois la composition des fils choisis, il faut encore les tisser. On ne va pas rentrer trop dans les détails techniques ici, mais vous pouvez retenir un principe simple : plus le tissu est fin et/ou élastique, plus il s’abîmera rapidement.
En effet un tissu épais sera souvent plus résistant aux frottements : pensez notamment au denim, qui est utilisé pour les jeans. A l’inverse, un tissu très fin est plus susceptible de trouer avec le temps.
De même un tissu très élastique aura plus de chances de se déformer au fur et à mesure du temps, surtout s’il est lourd. C’est pourquoi une chemise en coton sera toujours plus durable qu’un t-shirt par exemple, à niveau de qualité équivalent.
Critère n°2 : la couleur

Evidemment vous le savez autant que nous, les goûts et les couleurs ça ne se discute pas !
On peut tout de même faire attention à deux points particuliers :
- les couleurs très foncées sont obtenues en saturant le tissu d’origine de teinture. Le risque qu’il déteigne ensuite lors des premiers lavages est donc très important. Attention donc aux jeans noirs ou bruts, ainsi qu’aux tissus comportant à la fois une couleur très foncée et une très claire, comme une marinière par exemple.
- A l’inverse les couleurs très claires sont plus susceptibles de tacher. On pense souvent aux pantalons blancs mais cela est vrai pour les hauts aussi. Combien de chemises blanches finissent en effet par être jetées à cause de tâches de sueur disgracieuses qui ne partent plus au lavage ?
Critère n°3 : les coutures

Il est temps de s’intéresser maintenant au critère qui est souvent cité en premier quand on pense qualité d’un vêtement : les coutures ! Et pourtant cela n’est pas le plus facile à évaluer quand on n’est pas soi-même couturière. A défaut de pouvoir voir directement la qualité des coutures, certains indices peuvent être révélateurs.
La présence de surpiqûres par exemple est un très bon signe. Ce sont ces coutures visibles, simples ou doubles, qui viennent suivre une ligne de couture déjà existante. Elles sont faciles à repérer sur un jean notamment car traditionnellement réalisées dans une couleur contrastante. Attention leur présence n’est pas obligatoire sur chaque couture, ce n’est pas parce que vous n’en voyez pas que le vêtement est nécessairement de mauvaise qualité. Mais si elles sont présentes tant mieux, les coutures en seront renforcées.
Le nombre de points au centimètre peut aussi être un bon indicateur. Bien qu’il dépende surtout de l’épaisseur du tissu, c’est un bon critère pour comparer deux vêtements équivalents. Prenez 2 t-shirts de même épaisseur. Sur l’un vous observez 5 points par centimètre sur les coutures (soit des points de 2mm) et sur l’autre seulement 4 (donc des points de 2,5mm). Les coutures du premier seront donc plus solides que celles du deuxième et moins susceptibles de craquer avec le temps.
Critère n°4 : les finitions

Là on va trouver 2 catégories de finitions :
- celles qui peuvent mettre en danger la durabilité du vêtement
C’est le cas notamment de tous les systèmes de fermeture mal cousus. Une fermeture Eclair qui gondole, un bouton un peu lâche… c’est surtout une réparation à prévoir après seulement quelques jours/semaines d’utilisation.
- celles qui témoignent d’un manque de soin lors de la couture
On le sait tous, les fabricants vont parfois au plus vite pour réduire au maximum les coûts, quitte à faire l’impasse sur certaines finitions. On le voit par exemple sur les raccords de rayures mal réalisés : les rayures du tissu ne s’alignent pas d’un côté et de l’autre d’une couture. Ce n’est évidemment pas catastrophique en soi, c’est juste une question esthétique. Mais si le fabricant a fait l’impasse là-dessus, il y a des chances pour qu’il ait aussi laissé de côté d’autres éléments moins visibles. Avec parfois de vrais impacts sur la qualité et la durabilité du vêtement fini.
Même chose pour les petits fils qui dépassent à l’intérieur du vêtement. Cela ne suffira pas en soi à faire craquer une couture, mais c’est le signe qu’on a été un peu trop vite pour la réaliser. Méfiance donc.
Critère n°5 : l’entretien

Attention nous allons revenir apporter quelques nuances au tout premier critère évoqué ici : la composition du tissu. En effet les matières naturelles c’est vraiment l’idéal pour un vêtement qui dure. Mais cela peut aussi être un peu plus compliqué à entretenir.
Alors oui la laine (la vraie, celle qui provient d’un animal) c’est le top pour un pull. A condition de la laver correctement : programme spécial laine, lessive adaptée, séchage à l’air libre et à plat… Cela peut vite devenir un enfer à gérer, en fonction de votre situation et de vos contraintes familiales.
Même chose pour les vêtements qui doivent impérativement être nettoyés à sec, au pressing. Est-ce que vous aurez le temps, l’énergie et les finances nécessaires pour le faire ? Si ce n’est pas le cas, vous risquez soit de l’abîmer en le passant à la machine, soit de le laisser au placard pour éviter d’avoir à vous en occuper. Pas l’idéal donc pour un vêtement que vous envisagez comme un basique de votre garde-robe.
Critère n°6 : l’adéquation avec son style de vie

Dernière question à se poser : est-ce que ce vêtement est suffisamment confortable et pratique ? On a tous fait cette erreur au moins une fois : acheter un vêtement uniquement parce qu’il nous plaisait. Et ensuite le laisser au placard parce qu’il gratte, il est un peu trop serré à tel endroit ou tout simplement parce qu’on n’a jamais l’occasion de le mettre.
Là il n’y a évidemment pas de réponse toute faite, cela dépend de son style de vie et de ses activités. Mais cela vaut le coup de prendre le temps de se poser la question.
Parce qu’on a beau avoir trouvé le manteau d’hiver parfait, il ne deviendra jamais un basique de notre garde-robe si on habite dans le désert. A réfléchir donc si l’on recherche un vêtement durable que l’on portera vraiment.
Conclusion
On a donc vu ensemble dans cet article 6 critères à vérifier si l’on veut acheter un vêtement durable et de bonne qualité :
- le tissu : sa composition (naturelle ou synthétique), son épaisseur, son élasticité
- la couleur, claire ou foncée
- la qualité des coutures
- le niveau des finitions
- l’entretien à prévoir
- et l’adéquation avec son style de vie au quotidien.
On adorerait bien sûr pouvoir toujours cumuler les 6 mais il faut parfois se rendre à l’évidence : le vêtement parfait n’existe pas ! D’autant que certains de ces critères peuvent se révéler incompatibles entre eux en certaines occasions. Mais s’il faut faire l’impasse sur un critère (ou plus), au moins vous le ferez en toute connaissance de cause et éviterez bien des mauvaises surprises.

