Colorimétrie : comprendre et appliquer la théorie des saisons

Par Elodie, le 03/03/2026

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Si vous vous êtes un jour posé la question « quelles couleurs me vont le mieux ? », vous êtes forcément tombé(e) sur la théorie des 4 saisons. Là vous avez passé le fameux test, avez découvert votre « saison » (printemps, été, automne ou hiver) et êtes reparti(e) avec une palette de couleurs, censées être celles qui vous mettent le mieux en valeur.

Si cette théorie fonctionne souvent bien, les résultats en sont malheureusement souvent mal compris. Pas facile en effet d’utiliser cette fameuse palette de couleurs dans la vraie vie. Vous vous êtes peut-être même retrouvé(e) en magasin à vous demander si ce petit haut est bien de la bonne couleur « framboise écrasée » plutôt que « grenat »…

Ca vous dit quelque chose ? Si vous aussi vous êtes perdu(e) face aux résultats du test, il est temps d’en démystifier les principaux enseignements. Vous serez ainsi beaucoup plus à même de pouvoir l’appliquer dans votre garde-robe du quotidien.

C’est quoi la théorie des saisons ?

La théorie des 4 saisons est une méthode de relooking inventée en 1942 par une styliste américaine, Suzanne Caygill. Elle divise la population en 4 catégories distinctes : Printemps, Eté, Automne et Hiver. Chaque saison est ensuite reliée à une palette de couleurs, censées la mettre le mieux en valeur.

Cette méthode sera ensuite étoffée au cours du temps, pour se diviser en 8 puis 12 saisons. Elle sera révélée dans un livre Color, the Essence of You, sorti en 1978. C’est une méthode encore très souvent employée par les conseillères en image pour établir un diagnostic.

L’idée est d’observer certaines caractéristiques de votre visage (couleur de la peau, des yeux, des cheveux…) pour en déduire les couleurs qui devraient vous aller le mieux. Ainsi un visage aux teintes lumineuses et chaudes s’harmonisera plus facilement avec des couleurs également lumineuses et chaudes. On dira que celles-ci lui donnent « bonne mine ». A l’inverse des couleurs trop différentes de votre harmonie naturelle pourraient vous vieillir ou vous donner un air un peu triste ou malade.

Il est donc important de comprendre que ce n’est pas une méthode scientifique à proprement parler et qu’elle a de plus beaucoup évoluée au cours du temps. Cependant certains éléments se retrouvent de manière assez constante et se révèlent très utiles pour comprendre quelles sont les couleurs qui nous vont ou non.

Comment choisir les bonnes couleurs ?

Nous ne proposerons pas ici de tests détaillés pour déterminer votre saison. Vous pourrez en effet en trouver partout sur Internet, de manière gratuite ou payante. De plus, ce n’est pas forcément intéressant en soi de savoir si l’on est plutôt « Printemps Clair » ou « Hiver Profond ». C’est plutôt la théorie sous-jacente qui nous intéresse ici et que nous allons maintenant approfondir.

L’idée est de diviser les couleurs selon 3 dimensions principales : la température (couleur froide ou chaude), l’intensité (douce ou vive) et le contraste. Chacune des 12 saisons est donc une combinaison unique de ces 3 dimensions.

La température

Pour déterminer si une couleur est chaude ou froide, on s’intéresse à la part de bleu ou de jaune qui la compose. En effet chaque couleur est un mélange subtil des 3 couleurs de base : cyan (bleu), jaune et magenta (rouge). Plus une couleur se rapproche du cyan et plus elle est considérée comme froide. A l’inverse une couleur qui se rapproche du jaune est une couleur chaude.

Ce qu’il faut bien comprendre à ce stade, c’est qu’aucune couleur basique (comme le rouge ou le vert) n’est chaude ou froide en elle-même. Ainsi il existe des verts froids (vert sapin, vert d’eau…) comme des verts chauds (vert olive, chartreuse…). De même vous trouverez des rouges chauds (rouge brique par exemple) comme des rouges froids (bordeaux ou rose bonbon).

Les couleurs froides sont associées aux saisons Eté et Hiver, tandis que les couleurs chaudes représentent le Printemps et l’Automne. Pour déterminer si votre peau est plutôt de couleur chaude ou froide, regardez si elle est mieux mise en valeur par des bijoux en or ou en argent. Souvent les bijoux en or sont mieux adaptés aux tons chauds, et l’argent aux tons froids.

Sinon vous pouvez toujours utiliser la méthode des conseillers en image : prenez des tissus de couleur chaude et de couleur froide et placez-les à proximité de votre visage. Il suffira de regarder lesquels vous donnent bonne mine, et lesquels vous donnent l’air plus fatigué et terne. Si vous avez des doutes, vous pouvez demander à une personne de votre entourage de vous donner son avis.

L’intensité de la couleur

L’intensité d’une couleur correspond à son niveau de saturation : plus une couleur est intense, plus il faut de pigments pour la faire apparaitre. C’est d’ailleurs pour cela que ce sont les couleurs les plus intenses qui déteignent le plus au premier lavage

Attention on ne parle pas ici du côté plus ou moins foncé de la couleur : une couleur claire peut tout à fait être très intense. Vous pouvez penser à un jaune citron par exemple, ou un vert acide. Toutes les couleurs un peu « pop » vont être intenses, sans être foncées pour autant. Par contre les couleurs plus atténuées, peu intenses, vont être souvent claires, voire pastel.

Dans les versions les plus anciennes de la théorie des saisons, l’intensité de la couleur est très liée à la couleur des cheveux. Les cheveux clairs (couleurs douces) correspondent aux saisons Printemps et Eté, les cheveux foncés (couleurs intenses) à l’Automne et l’Hiver.

Mais cette confusion entre intensité et clarté a depuis été écartée, faisant apparaître une 3e dimension : le contraste.

Le contraste

Cette dimension est intéressante dans le sens où il ne s’agit plus d’une caractéristique d’une couleur isolée. On introduit ici le mélange des couleurs, seule manière d’obtenir du contraste. Ainsi une tenue en noir et blanc est très contrastée, alors qu’un mélange de deux couleurs pastels (bleu layette et vert sauge par exemple) le sera beaucoup moins.

Le contraste d’un visage est très visible au niveau des sourcils : plus ils ressortent sur la couleur de votre peau et plus il y a de contraste. A l’inverse, des sourcils blonds sur une peau claire se verront peu, apportant donc très peu de contraste.

Comment appliquer la méthode ?

Si vous avez bien suivi nos explications jusqu’ici, vous avez donc compris que le choix des couleurs dépend des caractéristiques de votre visage. Si vous avez la peau dorée, avec des cheveux blonds et peu de contraste entre les deux, vous pourrez porter des couleurs chaudes et peu contrastées. Un camaïeu de jaune moutarde / vert kaki serait ainsi tout indiqué par exemple.

Attention il y a quand même plusieurs points importants à souligner :

  • chacune des dimensions utilisées (température, intensité et contraste) est un continuum. Il existe des couleurs plus chaudes que d’autres, ou des associations plus contrastées que d’autres. Mais il existe très peu de situations où l’on est vraiment à l’extrémité du spectre. Donc si vous avez l’impression d’être un peu entre les deux sur l’une ou l’autre de ces dimensions, c’est très probablement le cas. Choisissez simplement des couleurs qui sont, elles aussi, peu marquées d’un côté ou de l’autre.
  • tout est dans la nuance. Il existe une infinité de nuances d’une même couleur et certaines vous iront mieux que d’autres. Ainsi il n’existe pas de couleurs totalement interdites, seulement des nuances d’une même couleur qui seront plus ou moins adaptées aux caractéristiques uniques de votre visage. Donc si vous adorez le vert, il y aura forcément des nuances de vert, plus ou moins chaudes ou intenses, qui vous mettront en valeur.
  • la théorie des saisons vous indique surtout quelles couleurs porter près de votre visage. Seul le contraste doit s’appliquer à une tenue entière. Ainsi si vous souhaitez porter un pull dans une couleur qui n’est pas idéale selon la théorie des saisons, portez un foulard dans une autre couleur mieux adaptée. De même ne jetez pas tous vos jeans bruts sous prétexte que les couleurs intenses ne sont pas pour vous. Il suffira d’ajuster la couleur de votre haut pour rétablir l’harmonie.

Etude de cas : le noir

Et c’est là que l’on en arrive à une idée complétement fausse, et qui est pourtant répétée partout à l’envi. Vous l’avez, vous aussi, certainement déjà entendu : « le noir va à tout le monde ».

Alors pourquoi c’est totalement faux ? D’abord le noir n’est ni chaud ni froid. Contenant toutes les couleurs basiques à parts égales, il ne tire ni vers le bleu, ni vers le jaune. Cependant il est extrêmement intense. Il est en effet difficile de faire plus saturé qu’un vrai noir. Il apporte également très souvent beaucoup de contraste, sauf à ne le porter qu’avec d’autres couleurs très foncées.

Ainsi pour bien porter le noir, il faut avoir un visage aux teintes très intenses et très contrastées. C’est la manifestation ultime de la saison Hiver, type Blanche-Neige, avec des cheveux noirs de jais et une peau couleur de lait. Si ce n’est pas votre cas, il est probable que le noir vous donne surtout l’air fatigué(e), sévère, voire vous fasse vieillir de 10 ans.

Bien sûr cela ne vous empêche pas de le porter si vous en avez envie. De nombreuses femmes se sentent plus à l’aise avec un pantalon noir, pensant que cela les amincit. Essayez simplement de porter une autre couleur plus proche de votre visage, pour casser cet effet un peu triste.

Conclusion

Pour faire simple, oui il existe des couleurs qui vous vont mieux que d’autres et non cela ne se résume pas à une palette d’une dizaine de couleurs uniquement. Pour les trouver faites des tests, essayez des choses et surtout faites confiance à votre intuition.

On va vous raconter une petite histoire qui circule dans le milieu du conseil en image. En 1928, le peintre suisse Johannes Itten, grand théoricien de la couleur et auteur du livre L’Art de la Couleur, fit une découverte avec ses élèves. Il leur demanda à chacun de trouver des accords de couleur qu’il jugeait harmonieux. En mettant chaque élève à côté de la palette qu’il avait choisie, on vit apparaître avec surprise un équilibre et une concordance entre l’expression de son visage et les teintes utilisées.

Alors on ne sait pas si cette histoire est vraie ou si elle est plus ou moins romancée. Mais la morale en serait certainement : si une couleur vous plaît, il est probable que ce soit tout simplement parce qu’elle vous va bien. On vous laisse méditer là-dessus…